Réflexions du fauteuil : la crise économique n’est pas le remède à tous nous malheurs
05 05 2009La crise économique a le dos large. Alors qu'elle devrait faire notre malheur, beaucoup d'optimistes y voient une merveilleuse occasion pour changer nos valeurs. Je conçois qu'elle serve à modifier notre relation avec l'argent, c'est même essentiel, mais je ne crois pas qu'on puisse l'apprêter à toutes les sauces.
J'ai entendu à la radio cet après-midi un psychologue faire un lien direct entre le néo-capitalisme et notre façon d'éduquer nos enfants en leur demandant d'être toujours de plus en plus performants. Il préconisait une remise en question de l'éducation des jeunes sur le mode de l'écoute de leurs besoins et de l'abandon de la compétition. Je me souviens que les pays communistes comme la Russie et l'Allemagne de l'Est mettaient aussi beaucoup de pression sur leurs enfants pour qu'ils soient performants particulièrement dans les sciences et les sports et je crois que cela n'avait pas grand-chose à voir avec les abus du capitalisme.
J'ai aussi entendu l'ineffable et omniprésent abbé Gravel dire que la crise était le moment idéal pour redécouvrir ou revisiter notre spiritualité. Là j'ai peur de comprendre que le meilleur moment pour croire en dieu, c'est quand on souffre et qu'on a peur de l'avenir. Si je devais redevenir croyant un jour, je voudrais que ce soit dans un moment d'extase où la beauté de la vie explose mon cerveau dans une révélation d'absolu et d'éternité et non pas platement parce que j'ai peur de devenir chômeur ou assisté social à cause de la crise économique.
En regard de ce qui se passe actuellement, je pense qu'il faut être très raisonnable dans nos attentes face aux changements à venir. Il y aura sans doute une réforme des institutions financières nationales et internationales et la mise en place d'instruments de contrôle pour éviter la répétition de ce que nous venons de vivre. Il y aura aussi une refonte de certains services à valeur sociale comme l'assurance emploi. Mais je ne crois pas que le capitalisme sera réformé en profondeur. Les pays occidentaux ne le veulent pas, et il y a trop de pays émergents qui aspirent à la prospérité pour que cela se produise.
Quoi qu'il en soit, s'il fallait que les questions d'argent influencent nos valeurs profondes, ce ne pourrait être que de façon superficielle. Le contraire serait inquiétant et marquerait une dérive alarmante de nos sentiments.
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Publié par : jacqueso à 17:52:22Permalien
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